Numérique inclusif responsable et durable

Logiciels libres au lycée : retour d’expérience

Nous travaillons avec Pascal -mon partenaire de jeu en spécialité NSI- au lycée Carnot de Bruay-Labuissière en Hauts-de-France. Nous utilisions les logiciels libres depuis de nombreuses années mais le confinement nous a fait prendre conscience qu’il ne fallait plus limiter l’expérience à nos salles de classe.

A travers le projet NIRD les élèves acquièrent une culture numérique au sens large, qui associe les dimensions sociales et éthiques à la maîtrise d’habiletés techniques,
Projet Numérique Inclusif Responsable et Durable : NIRD

En discutant de cela avec une amie journaliste, elle m’affirma que les logiciels libres étaient un sujet de niche pas forcément audible par les lecteurs de son média, pourtant dédié en partie au numérique.
Il me semble qu’elle se trompe. Or, faire comprendre que les enjeux du logiciel libre concernent l’ensemble des utilisateurs est essentiel.

Il faut juste intégrer que ces enjeux ne se limitent pas à l’installation de Libre Office et relèvent encore moins d’une affaire de geek.
Sur ce dernier point, même les magazines grand public destinés aux utilisateurs de Windows le concèdent :

Utiliser un système Linux grand public ne demande tout compte fait que peu de connaissances spécifiques ; pas plus, en tout cas, qu’il n’en faut pour bien utiliser Windows.

Magazine Canard PC Juillet-Août 2023.

Contact: romain.debailleul arobase ac-lille.fr

[Logo du projet NIRD CC-BY 4.0]

Des élèves en capacité de faire des choix

Nous partons du principe que nous passons tous par l’école. Il est aisé de comprendre que l’acculturation au numérique ne peut être laissée entre les mains de quelques acteurs dominants. L’enfermement chez les GAFAM rend difficile toute émancipation : comment faire un choix lorsqu’on ne connaît pas les chemins possibles ?

Formé à cette diversité, conscient des solutions existantes, l’élève deviendra un citoyen indépendant en mesure d’effectuer des choix éclairés.

C’est bien le rôle de l’école de proposer la diversité des usages.
Formé à cette diversité, conscient des solutions existantes, l’élève deviendra un citoyen indépendant en mesure d’effectuer des choix éclairés.

A l’heure où on s’inquiète de la souveraineté numérique, le libre ne peut plus être vu comme une excentricité. C’est un levier et un atout pour retrouver notre indépendance.
A terme, il peut aussi s’avérer plus économique.

Chez eux, les élèves ciblés utilisent un Raspberry ou un PC recyclé disposant du même environnement qu’au lycée : GNU/Linux + logiciels libres. Pour une utilisation efficace et sans contrainte de licence.

La définition même des logiciels libres résonne particulièrement en éducation. La création de communs est facilitée, le partage est mis en avant sans aucune restriction. Rien d’idéaliste, juste la réalité éprouvée par le terrain : nous avons aidé et fait progresser nos élèves grâce à ces logiciels.

Inclure tous les élèves en s’attaquant à la fracture numérique, maîtriser l’outil informatique plutôt que le subir, démontrer par l’usage que notre dispositif axé sur les logiciels libres est efficace et parfaitement reproductible : voici le parcours -parfois épuisant- que nous avons suivi.

Retour d’expérience : la preuve par l’usage

Avec Pascal nous utilisons les logiciels libres depuis longtemps. Convaincus des atouts, nous voulons le faire avec pragmatisme, sans idéologie : l’usage détermine notre action.
Et on peut dire que les textes recommandant le libre en éducation ou dans l’administration se sont multipliés : circulaire Ayrault en 2012, lois Lemaire en 2016, circulaire Castex, rapports Bothorel et Latombe publiés en 2020 et 2021 et états généraux du numérique. Plusieurs axes de la stratégie du numérique pour l’éducation 2023-2027 confirment cette orientation.

Les enseignants […] doivent pouvoir s’appuyer sur une offre numérique éducative ambitieuse et facilement disponible. Cette offre sera constituée à la fois d’outils souverains, sécurisés, libres et communautaires, c’est-à-dire des « communs numériques »,

Stratégie du numérique pour l’éducation 2023-2027

Mais le chemin reste pour autant semé d’obstacles.

En NSI

La création de la spécialité Numérique et sciences informatiques (NSI) en première générale et le défi du premier confinement nous ont permis d’aller plus loin.
Nous ne voulions plus laisser ce dispositif qui avait prouvé son efficacité au fond d’une salle, installé sur quelques machines.
Et utiliser un système d’exploitation libre est au programme officiel de première NSI. Nos élèves profitent de PC « fixes » sous GNU/Linux et peuvent bidouiller leur mini-PC Raspberry tranquillement avec des identifiants admin.

Pour les élèves : disposer d’un vrai PC sous GNU/Linux

Un point du programme concerne les commandes SHELL et indique que « les élèves utilisent un système d’exploitation libre » : la plupart des méthodes utilisées dans les lycées ne se basent pas sur un réel usage de ce système. Taper des commandes SHELL dans un terminal émulé ou virtualisé ne relève pas de l’usage et ne permet pas aux élèves d’en comprendre les qualités.
D’autant que Windows est installé partout de façon native et donc simplement accessible sur les machines : la démonstration peut même devenir contre-productive.
A la sortie du confinement, nous avons donc effectué les premiers tests d’un système d’exploitation (SE ou OS en anglais) libre dans tout le lycée avec dans la foulée l’intégration complète au réseau pédagogique. Cela signifie que les élèves ont accès à leur espace personnel en entrant leurs identifiants du lycée, ils sont authentifiés et l’accès internet est filtré.

On ne peut pas imaginer une utilisation isolée du réseau pédagogique si on veut rendre le dispositif pérenne.

Bureau MATE
Le même élève au lycée et chez lui: PC fixe et Raspberry pi 4 sous Linux au lycée. Raspberry Pi 400 sous Linux à la maison.

Avec ces machines équipées 100 % logiciels libres dont une salle complète de 20 stations, nos élèves suivent les deux années de NSI et y passent leur épreuve pratique de BAC. Ce dispositif est parfait pour apprendre. Nos élèves ont d’ailleurs remporté pour l’académie de Lille :

100% de la promotion NSI 2023 a obtenu le BAC au premier groupe.

Certains collègues comme en français ont corrigé l’épreuve de BAC sur les machines reconditionnées sous GNU/Linux par les élèves.
Bien sûr tous les élèves, enseignants, CPE et AESH du lycée ont accès à ces machines.

S’il fallait une démonstration que le dispositif NIRD est efficace : elle est faite.

Dans le reste du lycée

Avec pour but d’acculturer l’ensemble de la communauté éducative à cette diversité des usages, nous avons créé une salle de 20 postes ouverte à l’ensemble du lycée et commencé l’installation du dispositif machines GNU/Linux+logiciels libres un peu partout dans l’établissement.

STMG, salle Linux
Terminales STMG : utilisation du tableur et programmation d’un algorithme en Python.
GNU/Linux+Python+Thonny+ Firefox+Okular


Bien sûr, les logiciels libres peuvent s’utiliser sous OS propriétaire mais le choix du système d’exploitation engage trop la suite du parcours pour en faire l’économie. Disons-le clairement : les OS propriétaires enferment les utilisateurs et imposent souvent de guerre lasse l’usage de leurs solutions.

Acculturer au logiciel libre sous OS propriétaire, c’est comme faire une cure de désintox dans le camping-car de Breaking Bad.

Les OS modernes sont des écosystèmes numériques complets dans lesquels les applications sont imbriquées. On peut certes y voir une facilité d’usage mais elle enferme en silence l’utilisateur. Cette facilité d’utilisation constitue peut-être une grande partie du problème de l’économie de l’attention : faire les choses sans s’en rendre compte peut être utile, mais peut aussi contribuer à nous déposséder de nos capacités. Or, il est important que l’usager reste en situation de maîtrise. (« Votre attention s’il vous plait » -Conseil national du numérique)

Qui remarquait en 2010 qu’il utilisait Internet Explorer sur son PC/Windows sans même y réfléchir ? Faites le test avec les mobiles : une écrasante majorité d’utilisateurs d’Androïd utilisent Chrome. Et Safari sur iOS.
Chrome disposait de 64% du marché mondial en 2022.

Firefox devrait au minimum être proposé aux usagers des EPLE, ce n’est pas toujours le cas.

Maîtriser les concepts, savoir faire face au changement, plutôt que se conditionner à une unique solution.

L’ensemble des classes du lycée a donc accès aux PCs sous GNU/Linux.

L’épreuve pratique du BAC 2023 a eu lieu dans une salle 100% logiciels libres : GNU/Linux+Thonny+Firefox+Okular.


Cela dit, l’idée est de garder les deux OS pour la diversité des usages et la nécessité de service : certains logiciels spécifiques peuvent ne pas avoir d’équivalents libres. Il s’agit alors d’estimer la criticité de l’usage du PC à migrer.
En pratique, seule une partie très limitée du parc au lycée est concernée par des logiciels non disponibles sous GNU/Linux. Et cela ne concerne pas les examens.
Enfin, ceci est hors sujet -à notre connaissance- au collège et à l’école primaire.

La distribution choisie s’intègre parfaitement dans le système d’information tel qu’il est, et dans un environnement hybride : avec des postes sous Windows et d’autres sous Linux.

https://maths-code.fr/cours/postes-linux-et-kwartz/

Nous nous sommes inspirés d’un document de l’ADULLACT pour assurer un déploiement cohérent dans le lycée.

Machines reconditionnées sous GNU/Linux par les élèves pour les élèves

Le Raspberry (pi 4 et pi 400) reste un élément de notre dispositif contre la fracture numérique.
Ce mini-PC à bas coût et peu énergivore permet d’équiper les familles en difficulté, l’utilisation de GNU/Linux et de logiciels libres permet entre autres d’éviter les contraintes de licence. Nous évitons cependant l’achat de matériel au maximum pour privilégier les machines reconditionnées par nos élèves avec le même dispositif.

2023-2024 : remise des premières machines reconditionnées aux élèves non équipés du lycée. 100% logiciels libres.

Un cercle vertueux a été initié : les PCs récupérés auprès des partenaires sont reconditionnés par les élèves pour les élèves.

Atelier de recyclage GNU/Linux

Ces machines sont récupérées grâce aux partenariats avec parents d’élèves, entreprises et CABBALR. La légèreté de GNU/Linux associée à des distributions hautement adaptables -c’est une des forces des logiciels libres- permet de prolonger réellement la durée de vie des machines.

Les profs

Un certain nombre de collègues comprennent le problème, mais dans l’ensemble cela reste un non-sujet. Et c’est bien normal.
La plupart des professeurs, « biberonnés » au logiciel propriétaire depuis leur passage à l’école jusque sur les bancs de la fac ou des grandes écoles, ne sait pas qu’une alternative existe ou cultive l’idée qu’elle est trop difficile à prendre en main. Ils ont été enfermés dans un écosystème numérique, souvent accrochés par des offres d’équipement quasiment gratuites.

Le changement est par essence déstabilisant, d’autant plus si l’on n’y met pas du sens : le sujet des logiciels libres a été amené à plusieurs reprises lors de réunions d’équipe

Passer en zone libre (curseurs.be)

[Illustration : David Revoy CC BY 4.0]

En septembre 2021, professeurs et élèves des lycées en Hauts-de-France se sont vus proposer la suite Office365 gratuitement – nous ne connaissons pas les modalités de financement. Cela part sans aucun doute d’une bonne intention mais il faudrait au minimum mettre en avant les alternatives libres en parallèle.

Il reste difficile d’expliquer que le sujet principal n’est ni le prix ni même la qualité de la solution. Et pourtant les logiciels libres utilisés sont très performants et suceptibles d’engendrer d’importantes économies.
En accoutumant chaque enseignant à leurs applications, les acteurs dominants trouvent des représentants de leurs marques auprès de la quasi-totalité des jeunes Français(es), dès le plus jeune âge.

Les offres « enseignement » présentées sous couvert de bienveillance à la communauté éducative font partie d’une stratégie d’enfermement bien rodée.

Prendre son temps : adapter la vitesse de déploiement aux difficultés rencontrées

Nous avons pourtant toujours trouvé une oreille attentive de la part des collègues lorsque nous avons pu en discuter : il s’agit juste de mettre les enjeux en avant. Le point qui peut rester sensible est l’usage de la suite Office. On comprend qu’il soit difficile de changer des habitudes parfois très anciennes.

Prof sous Linux
Professeure de français testant un PC sous Linux Mint intégré au réseau pédagogique KWARTZ

Assurer un minimum de formation auprès des collègues

Au lycée, les professeurs ayant testé notre distribution Linux Mint intégrée au réseau n’ont pas trouvé de problème majeur à l’utilisation.

Une collègue d’Anglais qui s’est emparé du dispositif en salle des profs résume ainsi la situation:

La formation à donner, c’est surtout de la dédramatisation.

Formation des profs à GNU/Linux

Nous avons également pu constater que les collègues étaient prêts à sauter le pas lors des journées de formation à l’utilisation du Raspberry que nous avons données sur plusieurs bassins en 2022 (chez une collègue d’espagnol ci-contre, chez un professeur d’histoire ci-dessous).



En outre, 50 professeurs du lycée ont participé à une formation officielle que nous avons assurée avec Pascal en 2023 : enjeux des logiciels et ressources libres en éducation.

II s’agit donc d’une charge de formation faible, mais continue. L’organisation reposera sur un effet d’habitude et de diffusion progressive.

Conduite du changement, étude de veille-marché de support logiciel libre (DGFiP)

Certains collègues comme en français ont corrigé l’épreuve du BAC sur les machines reconditionnées sous GNU/Linux par les élèves. D’autres ont acquis un Raspberry comme ci-dessus.

Bureau MATE
Professeur d’ histoire-géo avec son PC reconditionné sous Linux Mint par les élèves. Intégration complète au réseau pédagogique KWARTZ.

Collègues de maths, histoire-géographie, NSI, espagnol, français, anglais, proviseur, proviseur-adjoint : suite aux formations données en 2023, les collègues se sont emparés du dispositif au-delà de nos espérances. Et dans l’ensemble, ils sont ravis.

On retrouve des petites surprises dans la salle dédiée Gnu/Linux.


Intégration au réseau de l’établissement : en pratique

L’écueil principal reste la gestion des réseaux pédagogiques des lycées qui compliquent considérablement l’utilisation d’un OS libre. C’est un énorme frein pour la plupart des collègues qui ne veulent pas s’épuiser – et on les comprend.

Le coût

Bien que ce ne soit pas notre objectif prioritaire, il est important de dresser un bilan du coût de ce projet. L’absence de licence à payer rend ce projet très avantageux sur le plan financier, tant pour la collectivité que pour les familles.
Un peu de matériel et quelques heures de formations, c’est tout.

Serveurs pédagogiques et intégration au réseau

Ce problème du serveur gérant le réseau pédagogique dans chaque lycée est central. C’est ce serveur qui permet ou pas d’intégrer les OS.

Au lycée Carnot

Nous avons créé notre image GNU/LInux personnalisée qui s’intègre complètement au réseau pédagogique KWARTZ or la région Hauts-de-France a prévu de remplacer Kwartz par un serveur Windows. Ce qui nous plonge dans l’incertitude. Nos machines vont se retrouver isolées du réseau : plus de connexion à internet, plus de comptes élèves etc. La sanction sera identique pour de nombreux lycées de la région.
Nous ne savons pas pourquoi la solution serveur actuelle complètement fonctionnelle a été écartée – l’entreprise régionale basée à La Madeleine ne le sait pas non plus.

[Illustration : David Revoy CC BY 4.0]



Nous regrettons d’autant plus la situation que le ministère développe une solution serveur nommée EOLE maintenue et accompagnée, qui est libre, pérenne et peu onéreuse. Elle permet surtout de faire fonctionner n’importe quel OS.

Le serveur pédagogique a un rôle essentiel : il autorise ou interdit l’utilisation des différents systèmes d’exploitations. Le passage à un serveur Windows rendrait inutilisables nos PCs.

Bien sûr, la tâche des DSI qui doivent sécuriser les systèmes d’informations n’est pas simple et l’ajout d’un second OS sur des parcs importants est vu comme une contrainte. Nous le comprenons. Notre souhait est d’élaborer une stratégie commune, la collaboration entre les intervenants est la seule solution satisfaisante.

Changer le paradigme

Un établissement peut difficilement se lancer seul

En principe dépositaire de la pédagogie et de la didactique, il est presque impossible pour un professeur du secondaire de gérer « le catalogue numérique » dans sa classe ou son établissement. Même lorsqu’il est référent TICE.
Sous la houlette du DSI éducation, les régions génèrent des « Masters », images de système d’exploitation Windows adaptées aux serveurs qu’elle fournit.
Au sein de l’institution, un enseignant doit en priorité obtenir l’accord de son chef, sans doute de son admin réseau, et il est conseillé d’intégrer dans la boucle le rectorat via l’inspection qui travaille avec la Direction Régionale Académique au Numérique Educatif (DRANE).
Mais, in fine c’est la région et le DSI qui ont la main sur les masters et les serveurs, quoi qu’en dise le Ministère qui à ce jour, ne peut que recommander. Dommage, car ces recommandations d’utilisation du libre ne manquent pas.
Pour les collèges, on reprend le même raisonnement mais avec le département.

Prendre des décisions en haut lieu semble essentiel car les initiatives locales dépendent trop souvent de la motivation et du bénévolat des collègues sur le terrain. Dès lors, la fatigue et l’épuisement guettent.

Salle informatique sous GNU/Linux ouverte à tous.

Avec le script shell, l’intégration des clients GNU/Linux au serveur Kwartz ne pose aucun problème.

Client GNU/Linux et Open LDAP: script d’intégration

Nous le faisons avec peu de moyens dans notre lycée pour un résultat qui a dépassé nos attentes. Les atouts du logiciel libre ont permis depuis le premier confinement d’accrocher nos élèves et de réduire la fracture numérique.

Un projet avec de mutliples partenaires

La poursuite du dispositif avec les partenariats pour le reconditionnement est un réel succès.
Elèves, parents d’élèves et collègues sont partants. Nous avons reçu l’association de parents d’élèves de notre secteur qui a soutenu le projet en déposant un courrier auprès de la région.
La DRANE Hauts-de-France, l’inspection, la Direction du Numérique Educatif (DNE) au ministère pensent que ce projet est cohérent.

On ne changera le paradigme qu’en travaillant tous en cohérence sur le sujet.


Nous avons le soutien de conseillers régionaux, et de notre communauté d’agglomération : la CABBALR.
Une demande officielle via un conseiller régional a été déposée auprès du président de région pour poursuivre cette expérimentation. Nous avons reçu une réponse officielle confirmant que notre question était étudiée.

Nous avons en outre été reçus avec notre proviseur au QG de la French tech Lilloise par son président M. Sam Dahmani et M. Frédéric Motte, élu régional, afin de présenter notre projet.
M. Motte le soutient activement depuis.

Présent lors de cette réunion, le député Philippe Latombe, spécialiste des questions numériques à l’assemblée soutient ce projet et nous fournit une aide précieuse. Il avait communiqué suite à nos échanges, en voici un exemple repris par NextInpact.

La DNE est active sur le sujet par l’intermédiaire d’Alexis Kauffmann, chef de projet logiciels et ressources éducatives libres, qui soutient ce projet et fait bouger les lignes par ailleurs. En ce sens, la journée du Libre Éducatif (JDLE) à Lyon en avril 2022 fut importante pour fédérer la communauté et appréhender les alternatives libres existantes. Nous y avions présenté le projet NIRD en salle de presse. Exercice que nous avons répété à Rennes pour la JDLE 2023 dans le magnifique amphithéatre du couvent des Jacobins.

Présentation du projet à la journée du libre éducatif 2023 à Rennes

Les solutions

Systématiser l’utilisation du logiciel libre lorsque c’est possible : Firefox, Libre office, VLC, OpenShot , Gimp, Thunderbird, Filezilla, BigBlueButton etc. Le socle interministériel du logiciel libre (SILL) est une excellente plateforme pour cibler les logiciels. Elle devrait être la référence.

En ce qui concerne le système d’exploitation et son intégration au réseau pédagogique : serveurs pour le réseau pédagogique.

  • Celle qui paraît la plus naturelle : EOLE et ses différentes composantes , portée par le ministère. Serveur basé sur Ubuntu et permettant l’intégration des OS GNU/Linux et Windows. Maintenue, accompagnée par l’équipe d’EOLE. Plusieurs régions comme la région Occitanie en profitent.
  • En Hauts-de-France, Kwartz solution open source portée par Iris technologie éprouvée par plus de 20 ans de terrain en collèges et lycées.
    Cette solution a un écho particulier en Hauts-de-France puisqu’ Iris technologie est une entreprise régionale. Iris technologie nous a proposé d’appuyer techniquement le projet.

Ces deux solutions permettent de s’émanciper des acteurs dominants type GAFAM.
Et enfin,

  • Assurer le suivi d’un « Master Linux » pour les serveurs Windows. Cette solution est testée en région AURA.
  • Mutualiser tous ces efforts et ne plus travailler isolé.

Nous attendons désormais la réaction des services de la région qui nous ont promis un retour. A cette date, le serveur du lycée tourne toujours avec Kwartz.

[Janvier2023 :] La 3ème salle informatique sera entièrement sous GNU/Linux avec logiciels libres, et sera mise à disposition de tous les collègues et élèves.
Une formation interne à GNU/Linux a été dispensée en mai et en juin 2023 pour une cinquantaine d’enseignants volontaires du lycée.

Réponse des services de la région

[Septembre 2022] : Une réponse détaillée des services de la région nous est parvenue. Ces services nous indiquent être favorables à l’usage des logiciels libres / open source et proposent de nous accompagner au mieux. Le courrier mentionne surtout les contraintes, mais précise que des composantes EOLE ou Kwartz peuvent être utilisées.

Les services de la Région sont, tout comme ceux de la Région académique, favorables à l’usage des outils open source et des logiciels libres.

Région Hauts-de-France, direction des politiques éducatives

Un rendez-vous dans notre lycée incluant la DRANE HdF nous est proposé , la date reste à définir.
[Novembre 2023] : Nous avons rencontré les services de la région pour pérenniser l’utilisation des clients GNU/Linux intégrés au réseau pédagogique, seule solution viable. Ils ont été à l’écoute et nous proposent de travailler ensemble.

[Janvier 2024] : Une convention « Réseau Logiciels Libres » sera signée le 18 janvier entre établissements partenaires et décidés à mettre en avant tout ou partie de ce projet. Pour faire réseau, échanger, mutualiser.
Nous continuons de suivre le changement de serveur pédagogique en partenariat avec la région Hauts de France, que nous avons rencontré en novembre 2023.

Contact: romain.debailleul arobase ac-lille.fr

Retour d’expérience : autres établissements

Bien sûr, des collègues testent de façon autonomes des clients GNU/Linux dans leurs établissements. Par exemple, au lycée Malraux de Béthune, la salle GNU/Linux est parfaitement fonctionnelle.
Voici quelques établissement et collègues avec lesquels nous sommes en contact.

Au lycée

Plusieurs collègues nous ont donné un avis positif : merci à Vincent Le-Mieux pour son retour d’expérience avec Debian. La partie technique semble se comporter correctement.
Au lycée Rimbaud de Sin le Noble, Sébastien Sauvage gère un parc de 37 Pcs sous Linux Mint, accessibles aux collègues mais non intégrés à Kwartz.

Au collège

Nous sommes en contact avec plusieurs collègues de collège où cette expérience est en place. Vous pouvez consulter la page du collège du Val de Gy, par Emmannuel Ostenne. Rémi Debrock travaille également sur l’utilisation de clients GNU/Linux intégrés au réseau pédagogique au collège Cassin de Lillers.

Ces établissements devraient signer la convention « Réseau logiciels libres » (nom provisoire) en janvier 2024.
Article mis à jour le 03 janvier 2024

Liens et sources